Sculpture de repos

Point de départ: des silhouettes de différentes assises, postures de repos à travers le monde, identifiée par l’anthropologue Gordon Hewes.

J’expérimente physiquement les postures et dialogue avec une équipe médicale autour de ces questions: Comment se repose-t-on? Que recherchons-nous dans un temps de repos? Qu’est-ce qui différencie une posture de repos de celles actives? Musculairement, intellectuellement.

D’une part les postures « fermées », de repos autocentré. Le corps créé un espace fermé, définit par les bras, le tronc et les jambes. D’autre part, les postures « ouvertes », de relâchement physique, mais dont le regard reste actif. Les formes de ces espaces ont le tronc du corps comme limite d’un côté et l’infini de l’autre, l’infini ou la limite imprécise de la vision. Cette forme une fois matérialisée, remplis l’espace intérieur, s’ajustant au corps, venant le soutenir sans le contraindre.

Le repos peut être formulé brièvement par l’absence d’activité physique, le relâchement musculaire. Cette sculpture biomorphe est la posture en négatif de l’individu au repos. Elle est un corps à corps où la sculpture prend le relais physique de l’individu, c’est un soutient musculaire et un emmagasinement de chaleur, établissant un rapport intime de l’individu avec la sculpture et avec lui même. Ce support matériel offert par la Sculpture de repos permet à l’esprit une fluidité non-restreinte par la contrainte du corps en tension musculaire. Lorsque l’individu s’extrait, retourne à la sphère publique et reprend son activité, un inversement de la dynamique individu/sculpture à lieu, la sculpture se trouve placée dans une attente et un dialogue avec son environnement, une forme d’activité.